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Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs

Du besoin d'un adulte responsable
Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Du besoin d'un adulte responsable
Créé : 02/02/2026 à 01:00:32

Ce mois de Novembre s'amorçait pluvieux. Cela n'aurait guère dérangé Jade si elle n'avait été habituée à l'odeur précédent la neige, si haut en Ecosse, à cette période de l'année.

Le Sud de l'Angleterre où était établi le Domaine Parlambre bénéficiait d'un temps plus doux, et restait assez loin de la mer pour échapper aux intempéries changeantes.
Haussant les sourcils devant un exemplaire d'un recueil de Beedle le Barde égaré au rayon Divination, la jeune femme se prit à songer aux mythes utilisés pour effrayer les enfants sorciers. L'importance de ne pas être égoïste sous peine de voir son coeur se couvrir de poils, la menace d'un croquemitaine qui viendrait leur grignoter les pieds s'ils ne finissaient pas leurs assiettes... Plus sombres, les histoires de Détraqueurs attirés par les cris d'enfants trop turbulents.

Cela était exclu de l'éducation Parlambre. Eux avaient été élevés dans la culture Celte : être respectueux et ne jamais offenser le petit peuple au risque de faire les frais de leur ire ou de leur malice.
Onyx et Jade avaient appris à se montrer méfiants mais serviables, justes mais attentifs à la date de fin d'un contrat et aux clauses, ainsi qu'à la façon dont ils formulaient leurs demandes.

Ils rêvaient de se montrer digne de la forêt de Brocéliande afin que le petit peuple se montre à eux. Ils vérifiaient chaque nuit qu'aucun Korrigan ne s'était glissé dans leurs draps pour chatouiller –ou croquer, selon leur humeur– leurs doigts de pieds.
Ne sois pas trop avide, tu perdrai tout.
Ne sois pas trop orgueilleux, car les plus malins le repèrent aussitôt ; tu perdrais tout.
Ne sois jamais cruel, n'accepte aucune cruauté mais interviens sans froisser d'ego si tu dois arbitrer une querelle.
Ne te fies jamais aux apparences et écoute chaque nuance de mots. Ne te fies jamais aux apparences, mais aux actes.

Jade partit ranger le livre à sa dûe place ; elle resta un peu trop longtemps à contempler le loch de Poudlard.
Son dernier aller-retour à Brocéliande avait été expéditif. Avec Lemony transféré à Sainte-Mangouste depuis la Roumanie sans répondre favorablement aux remèdes sorciers, la mère avait tiré les runes, à plusieurs reprises.
Qu'il s'agisse d'une question fermée ou de l'avenir qui se dessinait , chaque tirage l'avait envoyé dans la forêt mythique.
Et Jade avait sauté dans l'Eurostar avant de transplanner à Paimpon, ou plutôt, au village sorcier d'à côté qui contrôlait les arrivées.
Pourquoi s'encombrer d'un Portoloin et des autorisations alors que sa double nationalité lui permettait, depuis Londres, de gagner Paris en deux heures ?

Le nom de Parlambre fermait beaucoup de portes, en France. Tout sorcier sortant de Beauxbâtons l'avait croisé dans ses cours d'Histoires. Les complots à la Cour de Louis XIV, l'utilisation des pièces de Molière pour obtenir ce que la famille désirait, la pieuvre qui avait infiltré les Mousquetaires pour finalement se retrouver empâté et loin des soucis des sorciers et de la famine pré-révolution.
La plupart des Français n'appréciaient pas particulièrement la survie miraculeuse de cette haute noblesse. Lorsqu'ils ne considéraient pas qu'il s'agissait d'une fraude monumentale, comparant leur histoire à celle d'Anastasia en Russie.

Mais en Bretagne, les Parlambre étaient traités différemment. Particulièrement la génération de Jade, qui connaissait par coeur les coutumes anciennes et nouvelles, les mythes, les codes, et appliquait la première des leçons.
Ne dissimule jamais tes intentions.
Ne cherche à duper aucun être Celte.
Si son voyage à Brocéliande avait permis de sauver son fils, si les heures priées au pied de l'Arbre d'Or ou les voeux murmurés à Barenton avaient attiré l'attention d'Avalon...

Jade n'avait vu qu'une infime portion de la forêt. Les digitales lui avaient semblé plus nombreuses que jamais : quel mal Brocéliande devait-elle repousser ? Les humains, ou plutôt les conséquences de leur présence, avec la pollution et l'assèchement de ses sources ?
L'état du territoire sacré la désolait.
Ne pas avoir pu remonter le cours des rivières jusqu'à la mer afin de discuter avec les êtres de l'eau, plus encore.

La femme possédait avec l'eau une relation ambiguë. Répartie à Serpentard à onze ans, elle avait passé sept années sous le loch, sept années à s'interroger sur la meilleure façon de découvrir comment être menée au loch Ness sans que quiconque soit au courant.
Onyx en dernier.
Elle parlait couramment la langue des Êtres de l'Eau. Ne pas être capable de lancer le moindre sortilège pendant cinq ans permettait de développer d'autres capacités. En deux ans, elle et son jumeau maîtrisaient parfaitement le breton.
Ensuite, et par défiance, elle avait également appris le Gobelbabille. L'information n'était pas monnaie courante. Jade ne désirait pas faire affaire avec les Gobelins, elle désirait faire échouer les répressions d'émeutes et leur permettre enfin le droit à une baguette, et à la véritable citoyenneté.

Elijah avait beau s'être accoutumé de cette vision des choses...
Il demeurait un adepte Traditionnaliste. Descendant d'une famille de Mangemorts, l'époux de Jade oscillait entre garder leur monde ainsi qu'il était fait, profitable pour les sorciers qui le méritaient de Sang et de travail, et l'idée d'une Révélation qui permettrait de ne plus se cacher... quitte à mettre au pas les moldus récalcitrants.
Le Royaume-Uni manquait, après-tout, de main d'oeuvre, et avait la faiblesse de l'insularité : le commerce de Moldus pouvait être profitable.
Les mains de Jade se resserrèrent sur les livres qu'elle inventoriait.
Bien qu'inapte en Divination, elle affectionnait la matière, éprouvant une véritable fascination pour l'interprétation des signes, qu'il s'agisse de cartomancie, de lecture de feuilles de thé, ou des pendules.
— C'est une matière inutile : sans don, il ne s'agit que de superstition.
L'avis d'Onyx résonna aux oreilles de la femme, qui se contenta de lever les yeux au ciel. Même à des kilomètres d'elle, sa jumelle savait exactement ce qu'il aurait dit et il n'était pas rare qu'elle entende sa voix, tout en sachant qu'il s'agissait d'une hallucination auditive.
— C'est une matière que peuvent exercer même les Moldus, Onyx. Il suffit d'aiguiller son interlocuteur, et il obtiendra l'interprétation qu'il désire... parfois même, celle dont il a besoin, jusque là bloquée par son subconscient. Et puisque les Sorciers manquent cruellement de connaissance en psychologie, nous avons besoin des devins. Ils font office de réceptacle aux émotions, aux inquiétudes...
Et ils étaient d'excellents indicateurs du bien-être d'un pays.

En deux mois, il était possible que ses collègues l'eûrent surprise à parler seule. Si tel était le cas, elles avaient respecté la limite extrêmement pudique que posait Jade vis à vis de son travail. Ou bien, elles avaient décidé d'accepter la jeune femme telle qu'elle était, sans questions.

L'équipe des bibliothécaires était une bénédiction. Compréhensives dans ses horaires, lui laissant vérifier les runes sur les étagères, y compris celles qui empêchaient l'accès à la réserve ou plaçaient sous scellé les livres interdits d'accès sans permission écrite, elles l'avaient laissée composer son emploi du temps...
En apercevant d'immenses tâches de gras sur le livre de Divination qu'elle vérifiait, Jade claqua la langue avec désapprobation, et ouvrit directement à la page où les emprunts étaient enregistrés, avant de noter le nom de l'élève.
Certains manuels étaient un peu trop anciens pour recevoir des Recurvite à tout-va, et elle allait devoir discuter un peu avec le... cinquième année. Qui n'avait donc aucune excuse. Manger en lisant, oui. Avec son propre matériel.

__________
Son étagère terminée, Jade nota ses vérifications avec la date du jour dans l'agenda dédié, puis fit embrassa la pièce du regard. Des sixièmes années de Serpentard, sur la table la plus proche de la portent, la foudroyaient du regard.
Sa fille aînée ne se trouvait pas parmi elles, pour autant nul doute que ce soit sa manière de vérifier les faits et gestes de sa mère.
* De la part d'une imbécile qui n'a pas été capable–
*
Sentant ses doigts se crisper et se courber de nouveau, Jade inspira profondément.
Elle était aussi responsable de l'absence de sa fille dans sa vie que des erreurs que l'enfant commettait. Et il était encore possible de tout réparer.


Les premières tablées n'étaient pas celles dont la bibliothécaire s'inquiétait le plus : souvent là pour moins d'une heure, les élèves étudiaient studieusement et n'hésitaient pas à s'approcher en cas de soucis.

Les tables dans les recoins abritaient en général les adolescents qui voulaient travailler tout en discutant et riant. Jade n'y voyait aucun inconvénient ; elle se contentait de rappeler à l'ordre les éclats de rire qui pouvaient déranger, ou lorsque le son d'une tablée montait brusquement, sans s'offenser.
Il n'étaient, après tout, que des enfants, qui passaient leur année entière dans un pensionnat, et les endroits où se retrouver en groupe inter-maisons n'étaient pas nombreux. Si elle pouvait offrir un refuge serein pour des adolescents qui, quelques heures durant, riaient avec insouciance, elle le ferait avec fierté.

Les tablées retorses étaient éparses. Celles, très longues, ou deux élèves travaillaient à l'opposé l'un de l'autre. Leur solitude était source d'inquiétude pour la jeune femme.
Elle revoyait les heures passée à, parfois la même table.
Elle imaginait son fils seul et avec l'expression aussi meurtrie que certains de ces enfants.

Il y avait les tables où se jouaient des alliances, des complots.
En deux mois, Jade Parlambre avait commencé à connaître, parfaitement, les différents biomes qu'abritaient son lieu de travail.
En revanche, elle ignorait toujours comment accomplir l'une des tâches les plus importantes de son emploi du temps diurne : identifier les besoins des élèves. Peu osaient l'approcher encore. Ceux qui avaient un livre précis en tête s'en allaient en quelques minutes.

Or, la bibliothèque était l'un des rares havres sûrs du château. Avec une politique de harcèlement avoisinant les zéros (et probablement ayant atteint les zéro depuis que Jade était arrivée : elle était vigilante aux interactions des élèves et au langage corporel), une vue sur le parc et de larges heures d'ouverture, y compris durant les repas, c'était l'endroit où venaient se réfugier les enfants solitaires, harcelés, se sentant en danger.
Les enfants qui avaient absolument besoin d'être entourés pour ne pas ruminer, mais qui se sentaient terriblement seuls.
Les enfants qui devaient répondre à une lettre douloureuse, où ils froisseraient maintes fois leurs parchemins, profitant des angles morts pour laisser couler les larmes.

C'était pour ces enfants et adolescents que Jade avait choisi ce poste. Aider. Guider. Encourager.
Être l'adulte responsable que certains enfants n'ont pas.
Que la meilleure amie de son fils n'avait certainement pas, mais qui était si blessée et traumatisée qu'elle repoussait la main tendue des plus âgés. Seuls ses pairs pouvaient l'atteindre.

Être l'adulte responsable que Jade n'avait pas eu.

Et même si elle devait à son frère jumeau une grande partie de la nostalgie de ses années étudiantes...
Avec un adulte responsable, il était des erreurs que Jade n'aurait jamais commises. Parce qu'elle aurait eu quelqu'un pour lui apprendre à affronter la vérité, à la confronter, et à en endurer la douleur pour atteindre des jours meilleurs.

Instinctivement, la bibliothécaire toucha le petit sac de velours attaché à la ceinture de sa tunique verte. Son set de Runes s'y trouvait. Ce qui avait été son guide, à la place d'un être humain.

Puis elle retourna au présent, vérifiant qu'aucun étudiant n'avait besoin d'aide avant de retourner au bureau des emprunts.
Alors ses yeux verts croisèrent deux iris juvéniles et, au premier abord, timides.

RP avec Wilhemina Bronner

Bibliothécaire à l'affut ~
Joueuse de Quidditch
Apprentie
Miss Poudlard12 2026
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Serpentard
4e année
Titre : Re : Du besoin d'un adulte responsable
Créé : 03/02/2026 à 16:12:30 - Modifié : 28/02/2026 à 16:10:18

Il y avait des endroits où Willow se sentait plus elle-même que d'autres, comme si certains, à Poudlard, avaient vocation à devenir un foyer. La bibliothèque en faisait partie. Pas seulement pour les livres - enfin, bien sûr, ils comptaient - mais pour ce qu'ils imposaient : le calme, la retenue, l'obligation tacite de réfléchir avant d'agir. Ici, personne ne demandait d'être brillant à voix haute ; il suffisait d'être attentif. La Salle Commune de Serpentard exigeait une vigilance constante, et les couloirs, une capacité d'adaptation permanente. La bibliothèque, elle, récompensait la maîtrise de soi et la patience, deux qualités qu'elle cultivait depuis longtemps sans vraiment y penser. Depuis son arrivée au château, Willow avait appris à naviguer entre prudence et attention, combinant l'attentive patience que lui inspirait sa mère et la rigueur discrète héritée de son père. Cette approche lui permettait de lire une pièce, un rayon de bibliothèque ou le comportement d'un adulte avec une acuité étonnante pour son âge. C'était ici aussi qu'elle avait compris que tout ne se résolvait pas par l'audace ou l'éclat : certaines choses demandaient du temps et de la rigueur - exactement ce qu'elle retrouvait, entre autres, dans l'Étude des Runes, l'une de ses matières de prédilection. Rien n'y était laissé au hasard ; chaque symbole portait un sens, chaque variation une conséquence, et l'erreur n'était jamais brutale, seulement révélatrice. Cette manière de lire les signes, qu'il s'agisse d'un livre, d'un lieu ou du comportement d'un adulte, était devenue pour elle une seconde nature. C'était pour cela qu'elle revenait toujours ici. C'était son havre de paix.

Elle avait attendu quelques minutes de trop. Pas par peur, pas exactement, mais parce qu'elle observait. Comme toujours. Installée à une table un peu à l'écart, seule, un manuel ouvert devant elle sans qu'elle en lise réellement les lignes, son regard suivait les déplacements de la bibliothécaire à travers les rayonnages. Jade Parlambre ne se contentait pas de ranger des livres ; elle semblait habiter la bibliothèque, en connaître les respirations, les silences, les angles morts. Willow remarqua la manière dont elle s'arrêtait parfois, attentive à un détail que personne d'autre n'aurait relevé. Une page cornée. Une trace de gras. Un élève trop seul.

Elle referma doucement son livre. Trop doucement, peut-être. Et se leva enfin. Chacun de ses pas était mesuré, ne montrait le moindre signe d'empressement. Elle ne fuyait pas, mais elle n'aimait pas attirer l'attention inutilement non plus. Lorsqu'elle arriva devant le bureau des emprunts, elle marqua un bref arrêt. Les yeux verts de la bibliothécaire croisèrent les siens. Tout de même un peu gênée, la Serpentard se redressa légèrement, menton relevé juste ce qu'il fallait, posture polie, maîtrisée. Ses mains se joignirent devant elle, doigts entremêlés
.

Hem... Bonjour, Madame Parlambre.

Sa voix était calme et posée, quoiqu'un peu plus basse qu'à l'accoutumée. Elle hésita une fraction de seconde, le temps de choisir ses mots avec soin.

Je travaille sur un devoir d'Étude des Runes. Rien de très avancé, enfin, je trouve ça quand même trop simple. Je suis qu'en troisième année... Mais les ouvrages que j'ai trouvés jusqu'à présent sont soit trop simplifiés, soit un peu confus sur les interprétations... J'aimerais bien trouver quelque chose d'un peu plus clair et poussé.

Parchemin sorti, Willow le tint devant elle, mais sans le tendre tout de suite. Elle voulait d'abord s'assurer que sa demande serait accueillie avec attention et sans jugement. Elle resta immobile, laissant le temps à Jade de capter son sérieux et sa concentration.

Je me demandais si vous aviez un manuel en particulier à conseiller pour ce genre d'exercices. Enfin, si ça ne vous dérange pas...

Autour d'elles, la bibliothèque poursuivait son souffle feutré. Willow n'en était pas consciente, mais son regard, sa posture et la manière dont elle attendait la réponse trahissaient une chose : elle n'était pas venue chercher un guide tout fait ou des réponses faciles. Elle voulait quelque chose de solide, de juste, et peut-être, inconsciemment, un adulte capable de répondre sans la juger, comme sa mère savait le faire, mais avec la sagesse et la rigueur d'un monde plus vaste que le sien.

© Mily la plus belle
Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Du besoin d'un adulte responsable
Créé : 15/02/2026 à 16:39:24

Une lueur d'amusement luisit dans les yeux de la bibliothécaire lorsque la jeune femme modifia légèrement sa posture, pourtant déjà presque parfaite.
Parfaitement éduquée, sans aucun doute Sang-Pur ou tout simplement Noble, ayant visiblement suivi des cours d'étiquettes.
Comme chaque fois qu'elle se retrouvait devant une jeune Serpentard très soucieuse de la façon dont elle apparaît et apparemment seule, le visage de Jade se modifia dans une expression de douceur d'ordinaire réservée à ses enfants.
Chacune de ces jeunes filles pouvait être elle, ou elle aurait pu être chacune de ces jeunes fille. La sororité qu'elle éprouvait depuis l'enfance vis à vis de toutes les femmes et enfants prenait, devant les jeunes Serpentard, toute la place dans son coeur.

Ce n'était pas la première fois que la jeune fille visitait la bibliothèque depuis le début de l'année. Elle n'était pas de la promotion de Lemony, sans quoi elle aurait été invitée au Gala des Enfants précédent leur entrée. Si ses traits étaient familiers, malgré un effort de mémoire, le visage lui demeura inconnu.
Il s'agissait donc d'une Sang-Pur dont Jade côtoyait la famille, néanmoins pas de manière assez intime pour qu'ils aient un jour dîné ou déjeuné ensemble.

La jeune fille possédait quelque chose des Lestrange, ce qui corroborait tous les indices de la jeune femme concernant son identité. Les Parlambre, frileux vis à vis de cette ancienne famille du fait de la consanguinité, la lourdeur historique du nom, et les suspicions concernant les descendants s'étaient tenus à l'écart durant le siècle précédent.
En prenant la tête du Domaine, Onyx et Jade ouvrirent leurs portes aux Lestrange, d'une première invitation, puis une deuxième. Les adultes étaient conviés une à deux fois par an, dans les Galas importants.
Après tout, la frilosité des Parlambre alors qu'eux-mêmes s'étaient autoproclamés traditionnalistes et que les rumeurs associent leur position comme descendants idéologiques des Mangemorts...
Ni Jade, ni Onyx n'avaient jamais apprécié l'hypocrisie de leur parent.

— Bonjour Miss, sourit Jade comme si pendant qu'elle écoutait la requête de l'enfant, elle n'avait pas procédé à plusieurs équations mentales.
Elle pouvait être Malicia Lestrange... mais le parchemin tendu indiquait le nom de Wilhemina Bronner, soit sa cousine.
Remettant à plus tard les considération politique, la bibliothécaire parcourut les titres notés afin d'étudier ce que la troisième année qualifiait de trop simple. Il s'agissait de la meilleure façon de connaître, discrètement, son niveau.
Certains élèves suivaient seuls les programmes ; la jeune Lady Jenkins avait un niveau en arithmancie et en Etudes des Runes qui ne pouvait provenir que d'études antérieures à leurs premiers pas Pédouziens.
Rapidement, Jade identifia un dictionnaire simple qui seyait aux deuxièmes et troisièmes années, mais pouvait se révéler frustrant, deux livres du programme de troisième année, et un livre correct pour des quatrièmes années dans la norme.
Elle se trouvait donc en face d'une élève qui appréciait la matière au point de l'étudier de façon plus poussée.

Le titre suivant lui fit hausser un sourcil. Soucieuse de ne pas alarmer l'adolescent, elle lui adressa un petit sourire en coin tandis que ses yeux pétillaient de malice.
— "Les Contes Nordiques commentés, une anthologie complète des runes utilisés dans chacun" a un titre alléchant, mais il s'agit assurément de la pire traduction des récits Mythologiques sur laquelle j'ai un jour mis la main. Il n'y a rien d'étonnant à ce que vous soyez confuse : non seulement le texte est dense et indigeste, mais la traduction a été faite pour appuyer l'analyse, non l'inverse. Je m'en suis beaucoup servie lors de ma préparation des BUSE afin de repérer tout ce qu'il ne faut absolument pas faire. Vous pouvez le mettre de côté sans ambages, je le rangerai.
L'adulte nota l'hésitation. Les mains jointes étaient un signe de politesse, néanmoins elle y vit une certaine humilité, une certaine retenue.

Troisième année... Wilhemina Bronner avait l'âge de Lemony, à quelques mois près. Mais, par Avalon, de telles différences ! Plus grande, avec des traits plus adultes, qui n'avaient rien à voir avec son malaise. Pas plus que le regard un peu trop aiguisé qu'ont tous les jeunes Sang-Purs ayant grandi trop vite, et plus ou moins seuls.
Jade avait Lemony presque à plein temps. Il n'osait pas mettre les pieds à la bibliothèque, trop respectueux du domaine de sa mère ; elle lui apportait les livres.
Mais... son fils avait quelque chose de profondément différent de cette troisième année.
Jade tentait de chasser l'enfant de son esprit durant ses heures de travail. Pourtant, parler à une adolescente de l'âge de son fils lui retourna le ventre. Quelque chose l'alarmait ; elle tenta de faire abstraction.
* Lemony est en sécurité dans vos appartements, et cette jeune fille a besoin de ton aide.
*

— Ah, oui, ce livre est controversé, vis à vis de ses interprétations... Et celui-ci a eu un succès grâce à la forte publicité et la Préface d'un Grand Nom qui le porte un peu plus aux nues que nécessaire.
Elle adressa un regard entendu à la jeune Bronner, curieuse de voir si elle saisissait le sous-entendu. Le livre avait beau être un classique de leur décennie, sans la Préface il serait resté un ouvrage parmi d'autres. Néanmoins, les Sang-Purs demeuraient si considérés qu'un seul bon mot d'un aristocrate ayant publié un petit essai dans une anthologie (runique, en l'occurrence) et la méritocracie devient un mtyhe.

D'autant plus lorsque le dit Grand Nom se sent coupable envers l'auteur pour avoir ruiné sa vie en refusant de le reconnaître comme enfant légitime.

L'information est une monnaie plus précieuse que les Gallions, bien plus efficace également.

***
— Je me demandais si vous aviez un manuel en particulier à conseiller pour ce genre d'exercices. Enfin, si ça ne vous dérange pas...

Beaucoup d'hésitation.
Il émanait de l'adolescente une vulnérabilité qui toucha aussitôt Jade. Malgré un maintien parfait pour son âge, Wilhemina demandait quelque chose, et ce n'était pas exactement un livre.
La réponse de Jade devait donc venir sous une forme plus personnelle que deux ou trois titres qui la laisseraient vivre en autonomie. De son expérience, si la jeune fille désirait se fermer, elle le lui ferait fermement comprendre.
En attendant, elle était ouverte. Et la jeune femme avait suffisamment d'expérience pour savoir que, comme un coquillage, le moindre grain de sable irritant viendrait la sceller.
— Les Runes sont mon domaine d'expertise, répondit-elle en désignant la bourse caractéristique à sa ceinture. J'ai plusieurs titres en tête, mais il va me falloir plus d'informations. Tu me suis ?
Heureusement que l'anglais ne faisait aucune distinction entre vouvoiement et tutoiement. C'était un casse-tête en moins pour une adulte qui désirait nouer des liens avec les ados sans les offenser.

Tout en se frayant un chemin dans les rayonnages, son regard s'attarda sur la table où la Serpentard avait laissé ses affaires. Elle travaillait seule.
L'appréhension noua la gorge de la jeune femme, quoi qu'elle s'efforça de la ravaler. Si Miss Bronner était aussi avancée que ses emprunts le faisaient croire, elle préférait sans doute bénéficier d'un maximum de concentration.
— Quel est votre projet, Wilhemina ? Vos manuels de cours suffisent à des devoirs de troisième année. Est-ce pour étudier seule, commencer des prédictions, apprendre par coeur toutes les runes et possibilités afin de pouvoir vous passer d'un dictionnaire –encombrant, je vous l'accorde— ?
Elle marchait délibérément à côté de l'enfant, et lui adressa de nouveau ce sourire qui était sien. L'étirement des lèvres était social, mais les yeux pétillaient, proposant de la complicité tout en indiquant une certaine appréciation.
— Si vous avez besoin d'aide pour vous connecter à l'Önd... la théorie ne vous aidera qu'à un certain point. Il faut prendre le temps de se pencher sur soi, sur ses propres questionnements... et souvent, échanger avec une personne expérimentée. Chacun a sa propre méthodes. La méditation n'a jamais fonctionné, me concernant, mais mon enseignant de l'époque ne jurait que par elle.

Arrivée aux rayonnages, Jade passa distraitement sa main sur les livres qui prenaient la poussière avant qu'elle récupère chacun d'entre eux. L'Etude des Runes à Poudlard se résumait aux Runes Nordiques, et c'était une frustration intense à ses yeux. Les Runes wicca auraient pu l'aider, mais sans mentor, sa maîtrise n'avait jamais été aussi parfaite.
Elle sentit la vibration provenant de l'un d'entre eux, fronça les sourcils et l'éloigna de la section Nordique. Connaître chaque discipline, oui, mais éviter de les entrecroiser. La rune qui séparait discrètement l'immense rayon "Runes Futhark" des "Autres Runes", qu'elle avait gravée avec l'accord de ses collègues, était intacte.
Peut-être le souci était-il tout simplement qu'entre runes celtiques, anciens alphabets Mayas, et les trois misérables livres pour tout un continent (celui d'Afrique), il n'existait pas de séparation, et certains contenaient... un peu trop d'énergie.
— Je n'ai pas encore vérifié les livres sur les Incas, mais je suis certaine qu'au moins l'un d'entre eux a sa place dans la réserve. Vous devriez en rester écartée pour l'instant.
Il lui semblait trop chargé d'histoire, et le résumé évoquait des expérimentations.

Jade tira les deux chaises de l'unique petite table ronde du rayon, invitant l'adolescente à s'asseoir afin de mieux déterminer ses demandes. Regarder son interlocutrice lors d'une conversation était normal, et lui permettait de jauger ses réactions aux ouvertures de conversation qu'elle avait proposées.

Bibliothécaire à l'affut ~
Joueuse de Quidditch
Apprentie
Miss Poudlard12 2026
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Serpentard
4e année
Titre : Re : Du besoin d'un adulte responsable
Créé : 26/02/2026 à 01:06:13 - Modifié : 28/02/2026 à 16:19:07

Jade Parlambre était de ces adultes qui, en un sourire, savaient rassurer les enfants et les ados. Enfin, Willow n'en pensait pas moins. La bibliothécaire respirait la noblesse -- ce qui n'avait rien de surprenant lorsque l'on connaissait un tant soit peu l'histoire familiale des Parlambre. À la façon dont elle semblait la détailler de la tête aux pieds, la Serpentard comprit qu'elle avait deviné que du sang Lestrange coulait dans ses veines. Si la troisième année se souciait peu des rivalités entre familles, elle savait néanmoins que les Lestrange ne jouissaient pas d'une bonne réputation - loin de là - auprès des autres sorciers. Les Bronner non plus, d'ailleurs. Willow ne connaissait pas son grand-père paternel. Ne l'avait jamais connu. Ne savait presque rien de lui -- sinon qu'il était, soi-disant, mort. Son père n'en parlait pas. Sa grand-mère non plus. Toutefois, au regard des discours que continuait de tenir la majorité de sa famille sur les Moldus et sur les dangers d'un monde magique qui se mêlerait un peu trop étroitement au monde non magique, elle avait fini par comprendre - ou du moins supposer - ce qu'il était advenu dudit grand-père. Avec le temps, cela lui avait paru cohérent. Presque logique. Cela faisait finalement sens que son père pense ainsi, sans pour autant verser dans une radicalité aveugle. Il ne cautionnait pas la magie noire ; il s'en méfiait même ouvertement. Quant à son propre père, il demeurait une ombre, évoquée par des silences et des regards détournés, comme si son existence même avait été mise sous scellés -- et James semblait s'en moquer profondément.

La bibliothécaire lui avait rendu son bonjour. Willow sentit un léger frisson de curiosité et de respect, mais n'en montra rien. Ses yeux parcoururent brièvement les étagères, repérant d'un coup d'œil les sections susceptibles d'approfondir son devoir -- et ses connaissances personnelles. La quiétude du lieu, ponctuée de rares froissements de pages, affermissait déjà sa concentration. Puis, Jade reprit la parole à propos des ouvrages que l'ado avait choisis
.

... Je m'en suis beaucoup servie lors de ma préparation des BUSE afin de repérer tout ce qu'il ne faut absolument pas faire. Vous pouvez le mettre de côté sans ambages, je le rangerai.

La jeune prodige obtempéra et saisit le volume. Elle l'examina quelques secondes et fronça légèrement les sourcils devant l'écriture dense et le style confus de la traduction. Elle avait bien compris que ce livre ne l'aiderait pas. D'un mouvement sec mais soigneux, elle le mit de côté comme Jade le lui avait indiqué. Son attention se reporta aussitôt sur les autres ouvrages, plus clairs, plus précis, qui semblaient promettre un apprentissage réel plutôt qu'un exercice inutile.

Ah, oui, ce livre est controversé, vis à vis de ses interprétations... Et celui-ci a eu un succès grâce à la forte publicité et la Préface d'un Grand Nom qui le porte un peu plus aux nues que nécessaire.

L'étudiante fronça légèrement les sourcils en entendant Jade évoquer la préface du Grand Nom. Elle comprit, sans qu'aucun mot ne le précise : ce livre n'était pas considéré pour sa qualité intrinsèque, mais parce qu'un aristocrate en avait vanté les mérites. L'ouvrage était un classique sur le papier, mais la réputation sociale l'avait élevé au rang de référence, même si son contenu pouvait prêter à confusion.
Elle hocha presque imperceptiblement la tête et posa le livre de côté. Pas par défi, ni par rejet -- simplement parce que la vipère savait reconnaître quand une lecture était plus décorative que formatrice. Ici, dans la Bibliothèque, elle voulait du solide, du clair, du réel, et non pas des apparences ou des flatteries destinées à impressionner.

La concentration de Willow vint mordre plus fortement sur les mots qu'elle avait notés auparavant. Elle laissa son regard glisser le long des reliures anciennes, des titres à demi effacés, des motifs ciselés dans le cuir. Chacun d'entre eux semblait receler une part de savoir encore hors de portée. C'était ce qui l'attirait, finalement. L'air de ce lieu sacré semblait vibrer doucement autour d'elle, et la présence de Jade n'était pas intrusive ; elle se fondait dans le silence, guidant subtilement l'attention de l'élève
.

Quel est votre projet, Wilhelmina ? Vos manuels de cours suffisent à des devoirs de troisième année. Est-ce pour étudier seule, commencer des prédictions, apprendre par coeur toutes les runes et possibilités afin de pouvoir vous passer d'un dictionnaire –encombrant, je vous l'accorde— ?

Lorsque l'employée de la Bibliothèque prononça le mot "suffisent", quelque chose d'infime se contracta dans les épaules de Willow. Pas assez pour être visible à qui ne savait pas regarder, mais assez pour faire monter d'un coup sa tension.
Suffisant.
Rien n'était jamais suffisant. Le terme s'installa alors entre elles comme une mesure imposée. Comme une limite. Comme un plafond invisible. Elle soutint le regard de la bibliothécaire.

'Pourquoi c'est si difficile à comprendre que ça va trop lentement et que je veux juste que ça avance plus vite ? T'façon, les gens comprennent rien... Personne comprend jamais rien', pensa-t-elle.

La jeune fille inspira profondément, un souffle court presque imperceptible, et choisit ses mots avec soin. Elle ne voulait pas contredire Jade, ni la froisser, ni paraître arrogante ou mal élevée, mais elle avait besoin de clarifier - peut-être maladroitement - sa démarche
.

Hm... Ils suffisent, pour les devoirs de troisième année, oui. Mais c'est pas assez pour moi...

Elle ponctua sa phrase d'un léger hochement de tête, fixa les rayonnages devant elles tout en marchant.

Pour moi, c'est jamais assez. J'aimerais... que ça aille plus vite. Je veux comprendre, plus vite, mieux, plus profondément. C'est comme ça, ça a toujours été comme ça, je peux pas l'expliquer. Donc je peux faire ça seule, mais je dois savoir par où commencer.

Ses doigts serrèrent un instant le parchemin contre sa poitrine, comme pour se rappeler que ses notes étaient un guide mais non une borne, une limite. La Serpentard sentit une légère tension dans ses épaules, de l'impatience mêlée à de la concentration -- cette même impatience qui la poussait toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus efficacement. Elle jeta un coup d'œil à Jade, consciente de sa présence à ses côtés. Le calme de la bibliothécaire, sa posture mesurée et son aura de maîtrise apparente ne la déstabilisaient pas ; bien au contraire, elles semblaient donner à l'adolescente un cadre sûr où canaliser sa propre énergie et son exigence.

Et oui, pour vous répondre, c'est pour étudier seule. C'est comme ça que j'avance vraiment. Même si je peux demander de l'aide, c'est différent.

Elle sentit tout à coup la concentration reprendre le dessus. Toutes les notes qu'elle avait griffonnées dans la marge de son manuel et les symboles qu'elle avait esquissés sur ses parchemins formaient pour elle un réseau de savoir qu'elle seule pouvait tisser. Mais la voix de Madame Parlambre, douce et précise, persistait dans son esprit, lui proposant un guide plus expérimenté pour aller au-delà du théorique.

Je comprends ce que vous dites sur l'Önd, et je sais que la théorie ne suffit pas. J'ai envi ed'apprendre à sentir, à observer, et peut-être un jour, pouvoir échanger avec quelqu'un de plus expérimenté. Enfin même si cela dit, je le fais apparemment déjà. Pour l'instant, je dois... pratiquer par moi-même.

Quelque peu gênée, elle baissa légèrement les yeux sur son papier. Chaque geste et chaque mot était minutieusement choisi. Elle n'était pas rebelle, mais obstinée. Elle ne pouvait se contenter de lenteurs et d'explications partielles. C'était ainsi. Prodige, paraissait-il -- même si la petite Bronner n'affectionnait guère ce mot.

Willow et la bibliothécaire poursuivaient leur marche le long des rayons tandis que la première tentait d'achever de formuler sa réponse qui semblait se transformer en justification
. Expliquer, et non se justifier, lui martelait toujours son père. Un bel échec à ce moment précis.
En progressant, son regard captait chaque détail. Elle retenait tout, triait dans sa tête ce qui méritait attention et ce qui pouvait attendre, anticipait la prochaine étape. Ce ne fut qu'au terme de l'allée qu'une petite table ronde apparut entre deux étagères
.

* d'un ton légèrement plus ferme * Je veux comprendre. Comprendre vraiment, pas juste lire pour répondre à des questions. Je sais pas si vous voyez ce que je veux dire... Et au-delà des devoirs, en apprendre plus sur les autres runes.

Elle posa le parchemin devant elle. Ses doigts vinrent effleurer les livres que l'adulte face à elle venait de trier et qui semblaient éveiller sa curiosité. Ses yeux glissèrent sur l'un d'eux d'apparence plus ancienne, qu'elle prit délicatement. La vipère nota mentalement les passages qui lui paraissaient les plus intrigants, le mit de côté et répéta l'opération avec les autres.

Je vais prendre ceux-là. Je vous en dirai des nouvelles.

Le ton de sa voix s'était peu à peu adouci, après s'être rendu compte qu'il était redevenu légèrement plus sec. Puis, un silence presque imperceptible passa. Willow laissa échapper une autre interrogation, presque à mi‑voix, curieuse de voir la réaction de la bibliothécaire.

Erm... Vous... Est-ce que vous avez déjà eu un moment où, malgré tout votre savoir, vous avez l'impression de ne rien comprendre à certaines choses ?

Elle ne savait pas exactement pourquoi elle posait cette question, si ce n'était pour tester, ou pour partager ce petit vertige de l'esprit prodige qui la poussait toujours à chercher plus loin et plus profondément. Il y avait longtemps qu'elle ne s'était pas confiée à quelqu'un, encore moins à une personne inconnue pour elle. Peut-être que Madame Parlambre trouverait sa question déplacée. Ou naïve. L'idée lui serra brièvement la gorge.

© Mily la plus belle
Bibliothécaire
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : Du besoin d'un adulte responsable
Créé : 09/04/2026 à 21:52:53

Navrée du retard ! Promis, je réponds plus rapidement la prochaine fois !

La jeune Whilelmina était sur ses gardes.
Cela n'avait rien d'étonnant : depuis sa majorité, Jade avait principalement fréquenté des adultes mais sa prise de poste l'avait mise en contact avec la population adolescentes et, Déesses !
Comme elle avait oublié cette période de sa vie, celle où chacun cherche les failles de l'autre, celles où l'on aime ses amis pour la vie mais où le moindre pas de côté est un outrage de trahison, celle où l'on redoute le moindre murmure, celle où l'on se sent constamment en compétition, ou l'on a à la fois tous les doutes du monde et toujours raison, et quel que soit le moule dans lequel on se fonde, une partie de nous se sent toujours seule et sur ses gardes.
Jade n'avait eu qu'Onyx. Des copines de dortoirs qui n'avaient aucun intérêt à lui planter un couteau dans le dos, mais qui discutaient d'elles en son absence, inutile de se leurrer.

Les adolescents étaient naturellement sur leurs gardes en présence d'adultes, prêts à défendre leurs droits.
* Depuis six ans, je suis persuadée que ma fille reproduit les traumatismes générationnels. Mais il est possible qu'elle soit simplement une adolescente. *
De plus, les Nobles étaient constamment sur leurs gardes ; la retenue anglaise empirant plus encore cette distance imposée qui pouvait laisser seul. Or, Poudlard regorgeait d'adolescents Nobles, dans toutes les maisons.
Aussi, Jade vit-elle aussitôt la jeune fille se sentir identifiée aux Lestranges, et la tension qui s'ensuivait systématiquement.
Avec une adulte, la femme aurait simplement classé l'information. Héritière Bronner, cousine de Malicia Lestrange, ramifications politiques s'ensuivent pouvant être utiles. Mais elle n'aimait pas la posture d'alerte de la jeune fille, la lueur dans ses yeux indiquant qu'elle retraçait son historique familial.
Jade Parlambre l'avait vécu en arrivant en France à dix-huit ans. Les questions. Les fils invisibles qui nous relient à nos ancêtres, ce qu'ils ont bien pu faire à la personne en face de nous.

Elle n'aima pas ni cette posture, ni ce sentiment trop familier. Mais que pouvait-elle y faire ?
Pour s'adapter à son public, Jade identifiait les adolescents, leurs familles, parfois les dernières rumeurs à leur sujet. Ses habitudes de femme d'affaire demeuraient également : dans les informations classées, pouvoir retrouver de quoi retourner une situation désagréable. Elle ne s'en était pas défaite et les adolescents se sentaient scrutés.
Il était trop tard pour mettre Wilhelmina à l'aise au sujet de sa famille ; un commentaire aurait été plus que déplacé. Angoissant.
* Je ne suis pas encore à l'aise dans ce poste. S'il est une chose dont un ado n'a pas besoin, c'est de se sentir intimidé, ou d'avoir une raison de s'outrager. *

Fort heureusement, la jeune Serpentard avait un seul et unique objectif : trouver des livres de Runes, et elle ne laissa pas l'inspection la faire dérailler.

***
Elle écouta attentivement les conseils de la bibliothécaire, triant diligemment les livres.
* Bonne élève, disciplinée. Que recherche-t-elle vraiment ? La pile de livre avait tout ce qu'il faut en Runes pour des recherches complémentaires aux devoirs, et un O assuré. *

Comme la jeune fille fronça les sourcils à la mention du Grand Nom, Jade lui adressa un signe de tête approbateur.
— Lire la Préface d'un livre peut être utile... mais c'est souvent fastidieux et d'intérêt modéré. Regarder qui a Préfacé un livre, en revanche... Dans des matières sociologiques, cela permet de faire attention au biais politique. Et dans les matières factuelles... cela permet de jauger de l'intérêt et de la pertinence.
Lemony, songea la bibliothécaire, se serait lancé dans un monologue considérant l'importance des Préfaces dans toutes les situations possibles. Peu importe qu'il parle à un adulte, à un enfant, ou à une personne de son âge.
Son enfant ne savait pas s'adapter à son public. Etait-ce l'unique facteur de ses difficultés à se lier aux autres ?

***

Des années à être sur ses gardes. Des années à vérifier la moindre tension chez ses interlocuteurs.
Paradoxalement, Jade se sentait plus en sécurité à Poudlard en tant que bibliothécaire que jamais au cours de sa longue scolarité. Elle évoluait dans un environnement bienveillant, sans intrigues et elle pouvait parfaitement rester ainsi tout le long de son contrat, à naviguer entre le deuxième étage et ses appartements, avec quelques détours par la Valise.
Les intrigues politiques, même professorales, les petits drames internes pouvaient rester loin d'elle. Son poste était une bénédiction, une petite bulle sécurisée.
Mais puisque l'on ne se défait pas de ce qui est devenu une seconde nature en quelques semaines, lorsque la jeune fille se tendit, Jade le perçut aussitôt.
Une alarme comme seuls des adultes en ont se déclencha dans son esprit. Une enfant seule qui travaille autant, qui veut aller plus loin, pour qui rien ne semble "suffire"... Jade avait été cette enfant ; elle avait été maltraitée, emprisonnée, manipulée, essorée jusqu'à ne plus posséder aucune énergie.
Mais tandis qu'elle continuait de marcher aux côtés de l'adolescente, ses suspicions initiales commencèrent à se dissoudre. Elle avait des biais, des conclusions lui venaient plus facilement que d'autre.

En l'occurrence, Willow Bronner marchait avec une certaine... eh bien, hargne. Une énergie revancharde, pleine de colère. Jade se retint d'hausser un sourcil, consciente de la susceptibilité de beaucoup d'humains.
* Très bien. Pas de pression extérieure, mais une impatience évidente. Les cours ne lui suffisent pas. Ce qui est l'exacte question que j'ai posé. *
Un brin amusée plus qu'offensée, la femme se demanda comment Poudlard pouvait tenir debout avec une population dont les poils se hérissaient à la moindre perception d'injustice.
Bien des conflits pouvaient être évités s'ils décidaient simplement de parler calmement... mais ils n'étaient pas encore des adultes. Et ce château créait des fantômes qui venait la hanter.
Elle n'était pas assez âgée pour avoir oublié ce qu'était la méfiance, l'impression d'être incomprise, la peur d'être trahie et ridiculisée pour ses confidences.

Finalement, la jeune fille prit une profonde inspiration et lui tint tête, expliquant précisément le souci, avec l'exactitude dont Jade avait besoin.
— Hm... Ils suffisent, pour les devoirs de troisième année, oui. Mais c'est pas assez pour moi...
— Oui, c'est ce que j'ai compris.
Les yeux de Jade pétillaient d'affection et d'amusement, mais elle fit passer dans sa voix toute la douceur, la patience et la compréhension qu'elle possédait. Si elle appréciait la spontanéité et l'honnêteté de l'enfant, elle ne pouvait pas risquer à ce que celle-ci le confonde avec de la moquerie.
— Pour moi, c'est jamais assez. J'aimerais... que ça aille plus vite. Je veux comprendre, plus vite, mieux, plus profondément. C'est comme ça, ça a toujours été comme ça, je peux pas l'expliquer. Donc je peux faire ça seule, mais je dois savoir par où commencer.
Jade gardait un visage professionnel : attentif, avec des lèvres formant un doux sourire, s'autorisant tout juste à le laisser s'élargir. Mais ses yeux vert clair pétillaient plus encore.
La frustration d'un monde trop lent, de cours trop lents, l'impatience qui se voyait à chaque pas un peu trop impulsif. C'était une adolescente brillante et passionnée. Une de ces adolescentes avec lesquels il fallait suivre, qui vous proposaient un challenge intellectuel constant... mais dont il ne fallait jamais oublier l'âge. Même avec une cognitivité d'adultes sur certains sujets, leurs émotions restaient celles de leur âge... et chacun d'entre eux restait un adolescent, avec lequel on ne pouvait pas aborder tous les sujets. Pas parce qu'ils n'auraient pas saisi, mais parce que les adultes responsables doivent faire en sorte que les enfants restent des enfants, que l'horreur ne frappe pas trop tôt à leur porte.
C'était une adolescente dont il allait falloir surveiller l'accès à la Réserve. Sa curiosité pouvait l'emporter sur des récits qui lui donneraient maux de ventre et cauchemar, or... vers qui pourrait-elle se tourner ?
Wilhelmina Bronner allait recevoir sa propre petite fiche, avec suivi des emprunts et annotations à ses collègues, dans le système de Jade.

Elle attendit que l'adolescente développe, car ces petits bouts ne lui permettaient pas encore de la guider convenablement.
— Je n'ai aucun doute sur le fait que vous puissiez travailler seule. Pour vous aider à savoir où commencer, j'ai besoin de savoir si vous voulez aller jusqu'au programme de septième année, ou si vous voulez sortir des sentiers battus. Si vous désirer vous focaliser uniquement sur les Runes, ou si vous avez envie de croiser les disciplines. Ou bien... si les Runes vous fascinent tant que vous voulez savoir tout ce qu'elles peuvent faire, couvrir tous les domaines existants et plus encore.
Cela ressemblait un peu trop à une promesse alléchante et dangereuse, entraînant dans la mauvaise direction... mais si les Runes passionnaient la jeune Bronner à ce point, elle finirait par prendre cette direction. Jade n'ayant pas l'intention de démissionner de si tôt, elle pouvait aisément suivre sa progression.
Couvrir tout ce que les Runes pouvaient faire avait constitué son projet de troisième année. Lorsqu'elle avait découvert qu'elle pouvait utiliser cette magie. Elle avait déniché un livre sur les balais qui retraçaient l'avant et l'après intégration des Runes. Elle avait aussi trouvé un stage chez un fabricant de balai, bien qu'elle n'ait eu qu'un très léger accès aux Runes et signé un Serment inviolable de non-divulgation. Elle avait frôlé la magie noire en enquêtant sur un chaudron gravé de runes et sa façon d'altérer les ingrédients pour en renforcer les potions.
Tout ce qu'elle proposait à l'étudiante, Jade savait où le chercher, et comment la guider parce qu'elle y était passée. Mais moins impatiente, plus scrutatrice.
Quoi qu'elle avait eu cette impatience en ce qui concernait la mode et la couture des costumes et déguisements moldus.

Dans une autre vie, Jade aurait probablement été une formidable Maître des Runes, poussant jusqu'à découvrir d'autres propriétés. Mais elle avait choisi les Parlambre.

Alors tandis qu'elle guidait doucement l'adolescente sur l'Önd, probablement l'un des sujets à faire le plus débat parmi certaines communautés magiques, Jade se concentra sur la réaction de la jeune Serpentard.
Sa réponse fut un peu trop générique, mais elle n'avait que treize ans, et probablement très peu d'exemples. L'adulte, en revanche, se vit à la fois désolée de la détermination à faire seule que lui oppose Wilhelmina, et bien ennuyée de devoir raffermir. Elle ne la connaissait pas assez pour anticiper ses réactions.
— Miss Brönner, je ne suis ni Maître en Runes, ni Professeure. Ce n'est pas mon rôle de vous effrayer, ni d'exiger que vous trouviez un binôme. Pour autant, s'exercer par soi-même est une très mauvaise idée. Surtout avec une telle avance théorique. Il vous faut une pièce neutre, protégée, et au moins une personne avec vous. Amie, proche, qu'importe. Il faut quelqu'un pour vous ancrer. Il faut quelqu'un qui puisse vous transporter à l'infirmerie, et expliquer exactement aux Médicomages ce que vous faisiez. On n'explore pas l'Önd par soi-même.
Professeure ou non, elle était responsable des élèves... et à dire vrai, elle n'hésiterait pas à aller trouver ses collègues si l'un d'entre eux lui semblait emprunter des voies dangereuses.
La plupart des Serpentards, la plupart des enfants même, ont appris très tôt une règle de société : on ne balance pas. On ne dénonce pas, on ne poucave pas, peu importe le terme usité, tout au long des derniers siècles, c'est quelque chose que tout enfant sait. Il n'y a rien de pire que d'avoir une réputation de balance. Les autres ne veulent plus jouer avec vous ; vos pairs vous ostracisent, votre réputation en pâtit des années durant.
Et la peur de se retrouver seul régit la loi du silence. Les menaces et la peur de perdre ses amis, la peur que votre grande soeur ne vous adresse plus jamais la parole parce que vous avez balancé à vos parents qu'elle comptait faire le mur ce soir pour aller à un match de Quidditch clandestin.

Mais la loi du silence fait le jeu des harceleurs.
La loi du silence fait que votre soeur ne rentrera pas du match clandestin, et ne vous parlera de toutes manières plus jamais, mais en plus vos parents vous tiendront pour responsable de la tragédie.
La loi du silence laisse les violences exercées sur les enfants continuer, laisse les adolescents être entraînés dans des gangs, ou se blesser.

Avant d'en arriver à ce qu'un adolescent considèrerait comme une trahison suffisante pour couper les ponts avec un adulte de confiance, Jade préférait tenter d'apprivoiser, de dissuader, et d'obtenir assez de confiance pour que, justement, l'adolescent demande de l'aide de lui-même. Dans ce cas précis, elle attendait de savoir si la jeune Bronner pouvait s'appuyer sur sa cousine, et si elle allait demander, à ses professeurs ou à Jade, quelles étaient les méthodes auxquelles on pense moins souvent mais qui sont efficace pour atteindre l'Önd. Ou toute autre question, d'ailleurs.
Selon la réaction, la femme glisserait une allusion sur les protections de la bibliothèque, et son rôle de supervision.
La volonté de Willow de vouloir faire seule, à tout prix, lui déplut de plus en plus.
* Est-elle convenablement entourée ? Repousse-t-elle les autres ? *

***
Tête baissée. Gestes minutieux. Ton précis, ferme, assez catégorique pour paraître autoritaire.
— Je veux comprendre. Comprendre vraiment...
* Nous y voilà. *
La bibliothécaire laissa finalement s'étirer le sourire qui pétillait dans ses yeux sur tout son visage. La fierté, parce que s'ouvrir ainsi est complexe, illumina son visage. Le soulagement relaxa ses épaules, et son hochement de tête approbateur était rempli de bienveillance, de fierté donc, d'intérêt, d'excitation qu'éprouvent tous les passionnés en trouvant d'autres.
Le sourire fut si sincère que toute trace d'aristocratie, d'éducation, de construction identitaire, disparut. Il ne resta que Jade, insouciante, heureuse, apte.
— Entendu.
La chaleur, l'affection de sa voix n'avaient rien de feints. Dans un tic, la femme touche la petite bourse de velours à sa hanche.
— Comprendre, décortiquer et analyser. Le souci de se passionner pour des matières considérées comme scolaire... est qu'elles peuvent isoler. Non seulement vous avez besoin d'aller plus vite, mais ce que vous, vous appelez apprendre, vos pairs l'appellent étudier, j'imagine ?
La joie s'estompa légèrement. Parce qu'il n'y avait pas de solution convenable. Les véritables amis toléraient la passion, accompagnaient, parfois tentaient de s'intéresser autant, mais ils finissaient par se lasser. Ils resteraient auprès de la jeune fille et l'encourageraient, mais la passion serait vécu seule.
— Puisque vous êtes en troisième année, je crains que mon conseil d'éviter d'approcher les élèves ayant passé leurs BUSE en Runes soit éculé. Même les Serdaigles n'apprécient pas forcément se voir surpasser par des plus jeunes.

Jade enregistra les livres choisis par la jeune fille, sa plume écrivant soigneusement son nom sur les fiches d'emprunts.
— Ces livres vous serviront à aller plus loin, à avancer plus vite, à interpréter des tirages plus avancés... Les théories avancées seront bonnes pour analyser et tenter de décortiquer... Mais ce n'est pas avec la théorie que l'on comprend vraiment les rouages. La théorie doit être testée, toujours en présence d'une autre personne. De la même manière qu'un escalier ne vous veut pas de mal, plus vous montez haut et plus l'escalier est alambiqué, plus une chute est probable, et plus les chutes sont dangereuses. Vous avez besoin de quelqu'un qui vous regarde monter l'escalier.
Jade songea à ses propres essais dans certains endroits du Domaine. Si les Elfes de Maison n'avaient pas accepté de l'aider, elle n'aurait pas pu créer le Jardin Maudit, car les runes qui le délimitaient demeuraient des expériences. Et lorsque les Elfes refusèrent d'en essayer certaines, elle sut qu'elle faisait fausse route et ne tentaat pas de monter plus haut.

Ces jours lui manquaient.
Ces jours... entre deux années Pédouziennes, assez flous.
Ces jours où elle était uniquement Jade Parlambre, ivre de liberté, et détentrice de toute liberté. Elle n'était pas encore une amoureuse, elle ne devait pas prendre soin de quelqu'un d'autre, de son couple. Elle n'était pas une épouse avec un rang à maintenir.
Elle n'était pas encore "Maman". Juste Jade. Et même si elle n'avait jamais regretté d'être devenue Maman, une telle liberté lui était désormais inaccessible. Elle ne pouvait plus prendre des risques avec des expériences. Elle n'avait plus la mainmise sur son emploi du temps, la possibilité de passer des jours et des nuits immergée dans les Runes et les mythes Celtes, mangeant et dormant juste au besoin.
— Oui, Wilhelmina, n'hésitez pas à revenir me voir pour discuter des livres. Si je puis, vous semblez vouloir découvrir toutes les runes, pas uniquement les Runes Futhark ? Les Runes Wiccanes ne vous seront pas enseignées en cours, mais je peux commander un livre qui apprenne à les utiliser... Les Runes des autres continents, je crains de ne pouvoir vous être utile. Je commence tout juste à maîtriser les Hiéroglyphes. En revanche, je maîtrise parfaitement les runes Wicca.
D'un même tic, Jade toucha le haut de son bras. Elle y gardait les Runes Wicca, ainsi que les gravures des éléments qui servaient à trier, pour les novices.
Elle offrait une ouverture à la jeune Bronner. Elle serait ravie de discuter et de l'aider à monter plus haut dans la théorie –tant que quelqu'un restait à ses côtés pour la pratique– mais elle proposait également un enseignement.

Suffit, Jade. Arrête toi. Tu as ouvert la porte, elle peut la franchir. Mais si tu insistes, c'hoar, tu vas l'effrayer.
Jade ferma brièvement les yeux pour éviter de lancer un regard exaspéré à une personne se trouvant à des lieues de Poudlard. Bien sûr qu'à ce stade Onyx l'aurait mise en garde.
Pour autant, elle aimait croire qu'elle pouvait apprendre son métier grâce à ses collègues et à son mérite, sans dépendre de son jumeau.

***

Whilhelmina aurait pu partir, mais le ton péremptoire qui avait mené aux emprunts disparut pour un murmure qui craquelait un masque.
* Une question poignée. *
Jade s'obligea à ne surtout, surtout pas changer d'attitude. Son esprit était en alerte. Les questions poignées étaient le plus souvent vitales. Parfois même, tout le reste de la discussion n'avait été qu'un prétexte pour en arriver là.
La question poignée de Willow Bronner était de celles qui échappent. Un appel imprévu, parfois un besoin qui s'était lentement construit.

En même temps qu'elle écoutait, Jade s'adoucit du plus qu'elle le pouvait, puisant dans ses ressources parentales pour entourer l'enfant dans un cocon de sécurité et la faire se sentir légitime de poser sa question. Il fallait aussi qu'elle sente que c'était une bonne chose d'avoir parlé, que la question était importante. Et qu'elle était en sécurité. Que quoi qu'il advienne, l'adulte en face d'elle ne la trahirait pas, même en anecdote, ne rirait pas.
Ne transmettre rien d'autre qu'une infinie douceur.
— Tous les jours, offrit-elle sincèrement à l'adolescente. Parfois, il suffit de poser une question pour avoir un début de réponse.
Sa voix s'étrangla légèrement. Tous les jours, elle se demandait dans quel état elle retrouverait son fils. Tous les jours, elle se demandait quelle question poser à sa fille.
— Et parfois... pour toutes les connaissances assemblées, dès que d'autres êtres vivants entrent en jeu, le monde cesse de faire sens.
Pourquoi était-elle la seule à voir que les Gobelins étaient un peuple égal au sorcier, avait le droit à l'autodétermination des peuples, et donc à un référendum parmi leur peuple pour déterminer s'ils voulaient manier des baguettes ?
C'était simple, si simple. Des êtres vivants, avec une culture différente mais tout aussi importante, qu'il fallait cesser de tenir en esclavage.
Mais alors, les sorciers, les Centaures, les Êtres de l'Eau... tous avaient leur avis. Or, il n'y avait rien à faire. Depuis ses onze ans, Jade était persuadée que le monde magique se porterait mieux si les Gobelins obtenaient l'égalité. Et malgré toutes ses recherches, elle ne parvenait pas à comprendre comment qui que ce soit pouvait le nier ou le refuser.

Toujours avec des gestes doux, Jade reposa sa plume et décida que derrière un bureau, elle ne serait pas assez proche de Willow. Directement en face, elle aurait trop d'ascendant.
Elle effleura l'unique perle d'ambre sur le collier de jade qui protégeait son cou puis se plaça à droite du bureau, juste à la bonne distance, son autre main caressant un livre qui se mit à ronronner en ouvrant les yeux. Jade le cajola pour le garder au calme.
— Il existe mille et une raisons de se sentir vertigineuse.
Se concentrer, ne pas se perdre dans ses propres souvenirs ni ses difficultés actuelles.
Son regard de jade, sous ses longs et magnifiques cils, se posa sur l'adolescente. C'était rude que de demeurer neutre, car l'instinct de Jade lui hurlait de l'aider, or elle ne possédait aucune arme efficace. Aucune connaissance suffisante ni sur les Bronner, les Lestranges actuels, ni sur leurs jeunes Héritières.
Elle leva les yeux, prudente mais toujours aussi douce.
— Souhaitez-vous en parler ?

Bibliothécaire à l'affut ~

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